Le 17 mars, la Saint-Patrick rassemble bien plus que les seuls descendants irlandais. Que vous soyez fier d’un lointain ancêtre irlandais ou simplement amateur de bonnes choses, cette fête invite tout le monde à table. Et sur cette table, un incontournable règne depuis des siècles : le soda bread irlandais. Ce pain rustique, à la fois simple et inoubliable, incarne toute l’âme culinaire de l’Irlande.
L’histoire derrière le soda bread traditionnel irlandais
Chaque culture possède son pain fondamental. Les Indiens ont le naan, les Mexicains la tortilla. L’Irlande, elle, a son soda bread. Ce pain occupe une place unique : ni tout à fait sucré, ni vraiment salé, il joue sur les deux tableaux grâce à la levure chimique qui lui confère ce goût si particulier en bouche.
La cheffe Maeve Rochford, propriétaire de la boulangerie-restaurant Sugar and Scribe, a appris cette recette à seulement trois ans. C’est sa grand-mère Kate qui lui a transmis ce savoir-faire précieux. Originaire du comté de Sligo en Irlande, la mère de Maeve a perpétué cette tradition familiale aux États-Unis. Selon les mots mêmes de grand-mère Kate : « Le pain est l’aliment fondamental qui unit toutes les cultures, même en temps de guerre. »
Il existe trois grandes écoles du soda bread irlandais :
- Le soda bread aux graines de carvi
- Le soda bread aux raisins secs ou aux groseilles
- Le soda bread nature, sans ajout
La famille Rochford appartient clairement à la deuxième école. Chez Sugar and Scribe, la recette intègre des raisins dorés macérés au brandy, du babeurre, du beurre, des flocons d’avoine et bien sûr du bicarbonate de soude. La boulangerie en écoule des centaines chaque année, notamment pour la Saint-Patrick.
La recette de soda bread irlandais de la cheffe Maeve Rochford
Cette recette donne 5 pains d’environ 450 grammes chacun. La fabrication du soda bread est, selon Maeve, une expérience intime : on pétrit à la main, on sent la pâte se transformer, on se l’approprie. Voici les ingrédients nécessaires :
| Ingrédient | Quantité |
|---|---|
| Farine avec levure incorporée | 1 kg environ |
| Beurre ou margarine très froide | 115 g |
| Flocons d’avoine (pas instantanés) | 100 g |
| Farine de blé complète | 35 g |
| Bicarbonate de soude | 1 cuillère à café |
| Raisins dorés | 200 g |
| Babeurre | 950 ml |
Préchauffez le four à 175 °C. Coupez le beurre très froid en dés réguliers, puis mélangez-le avec tous les ingrédients secs dans un batteur. Mélangez à vitesse lente pendant une minute maximum, jusqu’à obtenir une consistance sableuse. Ajoutez ensuite le babeurre progressivement, puis arrêtez immédiatement le mélange.
Farinez votre plan de travail et pétrissez doucement la pâte. Divisez-la en cinq boules égales. Incisez chaque boule d’une croix profonde d’un bord à l’autre, puis saupoudrez de farine. Enfournez entre 20 et 30 minutes. Vérifiez la cuisson avec une pique : elle doit ressortir propre. Maeve cuit toujours ses pains dans de grandes cocottes en fonte beurrées, selon la technique traditionnelle.
Le résultat ? Un pain jamais parfaitement rond, légèrement irrégulier, qui n’a besoin d’aucun artifice. Maeve le dit elle-même : un bon soda bread ne nécessite même pas de beurre. Une tranche et une tasse de thé suffisent à trouver la sérénité. Ce pain incarne la philosophie culinaire irlandaise : la simplicité honnête vaut tous les raffinements.

